Par définition les néolibéraux défendent le libéralisme économique c’est-à-dire la dérèglementation totale de toutes les protections sociales, sanitaires et économiques, la concurrence libre et non faussée, les traités de libre échange qui contribuent à la misère des peuples et à la destruction de la planète, tout en donnant l’illusion de se préoccuper d’écologie parce que c’est la mode et électoralement porteur. Il n’y a qu’à voir l’inanité du résultat de la récente COP26 pour être convaincus que le néolibéralisme est le problème. Il faut donc impulser une rupture avec la logique de ce système mortifère.

 

C’est possible avec le programme Avenir En Commun (AEC) porté par l’Union Populaire et son candidat Jean-Luc Mélenchon. Il est d’ailleurs à ce jour le seul programme abouti dans le cadre de cette campagne électorale, ce qui semble logique puisque il est le fruit d’un long travail en profondeur avec une implication citoyenne sans précédent et ce depuis des mois alors que tous les autres partis ou candidats, au-delà de leur fainéantise, n’ont pour objectif que de poursuivre ce qui se fait depuis des décennies, et donc pas besoin de proposer un programme, on le vit déjà.

L’AEC est donc un véritable cauchemar pour les néolibéraux dont le seul but est d’empêcher à tout prix Mélenchon d’accéder au second tour, cet accès donnant bien évidemment une surface politique et médiatique inédite pour les idées défendues par ce programme et donc une forte probabilité de voir ce dernier en application après le second tour.

 

Qui sont ces néolibéraux ? Aujourd’hui ils ne se rattachent plus  seulement au centre, à  la droite et à l’extrême-droite, ce sont aussi tous ceux qui ont participé aux différents gouvernements de Hollande et dont  on a vu les effets désastreux de leur action politique, la plupart ayant d’ailleurs rejoint le macronisme.

Nous avons donc un arc néolibéral ininterrompu qui va du PS ou de ce qu’il en reste jusqu’aux extrêmes-droites et ce raccourci est une réalité factuelle campée sur une vision socio-économique commune de l’ensemble de ces acteurs, la différence résidant dans l’épaisseur d’un ou quelques papiers à cigarettes en fonction du nombre de fonctionnaires à supprimer par exemple. Concernant les partis que l’on raccroche encore à la « gauche» (PS, EELV, PCF) je serai plus circonspect sur les valeurs : je veux croire qu’il n’y a pas de communauté de vue entre les leurs et celles de la droite extrême et de l’extrême droite. Il est cependant vivement regrettable que des figures de cette « gauche » aient commis l’indicible faute d’avoir participé à la manifestation des flics factieux déambulant à une encablure à peine de Le Pen, Zemmour, Pécresse et Darmanin. Nonobstant, certaines personnalités ont carrément franchi le pas comme Valls qui a plongé dans le marigot idéologique de la droite extrême voire de l’extrême-droite.

 

Et tous ces néolibéraux ont un but commun : empêcher Mélenchon d’accéder au second tour car il est porteur de cette si  indispensable et nécessaire rupture aux plans social, économique, écologique, démocratique, et bien entendu cette mission, comme en 2017 avec Hamon, est confiée à  ces partis qui, sous couvert d’un label de gauche depuis longtemps usurpé, en ont trahi les fondamentaux en pratiquant une politique néolibérale.

Toutes les tentatives de Mélenchon, avant et après la proposition de sa candidature, visant, sous des formes différentes, une union autour d’un programme de rupture, se sont soldées par des fins de non-recevoir agacées, impolies, hautaines, méprisantes. Voire brutales. C’est à cet instant qu’est apparue  l’évidence : ce refus concerté était moins lié à la personnalité de Mélenchon qu’au caractère de rupture nécessaire d’un programme véritablement transformateur.

Chaque appareil annonce donc péremptoirement qu’il aura son candidat (PCF, PS et EELV) avec des modalités de désignation différentes. Face à cette situation Mélenchon lance l’idée d’une Union des citoyens par la base qui engendre des moqueries à la fois de la part de ses concurrents dits « de gauche » néolibéraux et des médias non moins néolibéraux qui en font leur chou gras afin d’entretenir un lourd climat défaitiste.

Le PCF, qui par deux fois a soutenu Mélenchon, espère provoquer la cassure fatale en présentant Roussel car si de nombreux communistes se sont engagés aux côtés de Mélenchon, les apparatchiks veulent se débarrasser de l’homme politique. Apportant une aide stratégiquement importante aux néolibéraux dont notamment le PS, il espère ainsi un retour d’ascenseur de la part de ce dernier pour les législatives

Dans la foulée Hidalgo se présente au nom du PS exigeant pour cela l’abandon de l’obligation d’organiser des primaires, tenant des propos de forme et de fond tout à fait hors sol, se croyant encore à l’époque où le PS comptait et où il pouvait se permettre d’être arrogant et dominateur

De son côté EELV organise une primaire interne qui aura sa surprise avec Sandrine Rousseau classée bien à gauche avec une vision écologique proche de Mélenchon mais qui perdra de peu face à Jadot  qui a cru que c’était bon pour lui sans vraiment saisir que sa vision mercantile de l’écologie soumise à la « finance verte ! » avait beaucoup de mal à être prise au sérieux.

Sur cet espace restreint une véritable cacophonie dans un bain d’incohérence a pris de l’ampleur et les intentions de vote qui étaient médiocres dès le départ se sont érodées puis écroulées au fil des pantomimes ridicules renforcées notamment par celles de Montebourg. Bref, un miellat pas possible où s’englue un peu plus Hidalgo en relançant l’idée d’une primaire qu’elle rejetait peu avant ! Ce naufrage des appareils et individualités néolibéraux « de gauche » s’est accentué  juste après le premier grand meeting de Mélenchon le 5 décembre à Paris où a été présenté devant 5000 personnes enthousiastes   la cohérence et la dynamique d’une vision de rupture ainsi que le fameux Parlement de campagne constitué de 200 personnes issues de la réalité sociale française syndicale, associative, culturelle, du spectacle, intellectuelle, politique, scientifique, sportive….  

 

La stupeur les gagne. C’est alors que bondit sur le devant de la scène Taubira, celle à qui on confie l’impossible : rassembler tout ce petit monde et surtout séduire l’électeur par l’aura certaine qu’elle a acquise sur des sujets sociétaux  (mariage pour tous, action mémorielle sur l’esclavage..). Oui mais qui est Taubira politiquement ? Quel est son programme ? En a-t-elle un  à 4 mois de l’échéance ? Poser ces questions c’est y répondre et les électeurs l’ont bien compris : elle n’a pas de programme, elle a été une des grandes figures du mandat anti social de Hollande, elle est restée assez floue sur les positions extrémistes de Valls, et son programme de 2002 qu’elle n’a jamais renié est un programme néolibéral, et oui Taubira  est également matricée par le néolibéralisme. De fait et en remettant de plus sa décision définitive au 10 janvier 2022, elle ne fait qu’aggraver la situation, les sondages sont là pour confirmer le désastre de cette embarcation de bric et de broc dont le seul but  n’est pas de faire gagner mais faire perdre : 1% pour Roussel qui récupèrera un ascenseur vide avec Hidalgo  à 3%, Montebourg à 1% et Jadot à 5% tandis que la dynamique de l’Union Populaire porte déjà Mélenchon à 13% soit à 3 points de l’accès au second tour.

 

Après avoir vainement soufflé dans les trompettes de Jéricho  pour tenter de faire s’écrouler Mélenchon et empêcher l’incontournable bifurcation du pays, les impétrants, épuisés et médusés, s’accrochent désespérément au radeau frêle de Géricault qui prend l’eau de toutes parts, dérivant ivre et sans boussole sur l’océan de leurs turpitudes.

 

Les français sont en train de réaliser que le chemin est celui de l’Avenir En Commun, qu’il est ouvert et qu’il ne reste plus qu’à l’emprunter.

Retour à l'accueil