La tornade du Covid 19 a montré et démontre que le néolibéralisme est incapable, en raison de ses fondamentaux égoïstes et individualistes, de mettre au centre de ses préoccupations  l’être humain, le bien commun, l’intérêt général.

 

Le paysage politique français est ainsi fait que le néolibéralisme est représenté, avec un degré idéologique plus ou moins abouti mais représenté quand même, par des partis ou mouvements qui aujourd’hui couvrent  l’ensemble du spectre politique, de la gauche à l’extrême droite en passant par le centre. C’est la stratégie, jusqu’à ce jour gagnante, des intérêts économiques et financiers qui disposent ainsi de solutions politiques de rechange qu’ils imposent aux citoyens via la propagande médiatique pour que rien ne change.

C’est ainsi que se classent eux-mêmes dans cette philosophie libérale des partis de gauche ou centre-gauche (PS, EELV), des partis de centre-droit (MODEM, UDI-AGIR), un parti de droite (LR), un parti ni de droite ni de gauche et qui est devenu l’extrême-centre qui a rassemblé un ramassis de politicards dont l’opportunisme n’a d’égal que leur médiocrité (LREM). Cette matrice commune qu’est le libéralisme économique politiquement porté et administré par l’Union Européenne ne fait que renforcer la superficialité de la différenciation classique et historique entre les notions de gauche et de droite. 

Il est clair qu’aujourd’hui il n’est absolument plus pertinent de différencier ces mouvements par une étiquette partisane qui serait censée représenter une politique démocratique, sociale, écologique et économique, fondamentalement différente et qui donc prête à confusion.

Quant au RN, ses discours grandiloquents pseudo antilibéraux ne sont que poudre aux yeux. En effet tous ses votes (Assemblée nationale, Parlement Européen), ses interventions sur des supports confidentiels jamais reprises par les médias meanstreams, son absence totale du débat sur la contre-réforme des retraites, le situe dans le camp des néolibéraux capitalistes conformément à l’histoire de ce type de mouvement. Le RN est un parti auquel les médias servent la soupe depuis des décennies pour qu’il assume le rôle à la fois de la carte utilitaire et de la carte ultime du néolibéralisme : utilitaire car il permet à ce dernier de se maintenir politiquement au pouvoir, ultime car face à un violent désordre ou face à un risque de rupture antilibérale et donc pour sauver ses intérêts, le néolibéralisme se jettera dans les bras de l’extrême-droite. Exit alors les cris d’orfraie que poussait naguère le pseudo progressisme libéral sur les positionnements racistes, xénophobes et d’exclusion dans tous les domaines qui structurent le RN.

 

La vraie ligne de partage passe entre « l’ensemble libéral » et « l’ensemble antilibéral ». Il est à noter que cette notion « d’ensembles », s’appliquant au regroupement de différents sigles de part et d’autre de cette ligne, fait apparaitre « l’ensemble libéral » plus fort, mais les citoyens, ayant bien compris cette bifurcation politique historique, ont (encore) le pouvoir de passer au-dessus de ces partis discrédités de « l’ensemble libéral » par leurs décisions individuelles dans l'isoloir.

Aujourd’hui cette crise majeure montre que seuls les antilibéraux sont légitimés dans leur analyse et leurs propositions et donc leurs critiques et leur vision de la société, et ce avant, pendant et pour après le Covid 19.

 

 L’  « ensemble antilibéral » est composé de mouvements ou partis politiques tels que LFI, Ensemble, NPA, LO, PCF ou d’associations comme par exemple ATTAC. Concernant le PCF, c’est avec douleur mais aussi nécessité d’éclaircissement politique que je dois émettre un bémol visant une partie de l’appareil et non les militants et sympathisants. Le PCF est bien engagé au niveau de son discours sur un positionnement antilibéral en tant que parti mais il est très regrettable qu’il reste scotché sur une forte proximité avec un parti libéral, le PS.

A ce stade, et si l’on s’en tient à une accession au pouvoir par les urnes, c’est bien autour de LFI que peut se construire une coalition antilibérale alternative assise sur le programme AEC actualisé que les français pourraient porter au pouvoir afin d’enclencher ce grand mouvement historique de rupture avec le néolibéralisme pour un réel changement. La France Insoumise n’a pas attendu la crise actuelle pour montrer cette volonté au travers d’un programme cohérent appuyé par près de 20% des citoyens en 2017 et de ses innombrables initiatives avec ses députés insoumis. Mais cette crise a montré aussi combien ce mouvement s’est investi humainement et politiquement par ses multiples propositions avant, pendant et pour après le confinement, allant jusqu’à élaborer un véritable plan de déconfinement. Tous les responsables LFI ont été et sont sur le pont au premier rang desquels Jean-Luc Mélenchon, et ont, semble-t-il, un fort impact positif sur la population. Des enquêtes d’opinion « discrètes » commanditées par le gouvernement doivent donner des résultats affolants pour les libéraux pour que l’alerte soit déjà donnée. Et d’ailleurs je viens d’apprendre qu’un sondage IFOP réalisé le 13 mai donnait 40% d’opinions favorables à Jean-Luc Mélenchon.

De ce fait, que constate-t-on, soudainement ?

 

Nous sommes bien d’accord que cette crise bouscule tout et que l’élection présidentielle a lieu dans deux ans si le calendrier est respecté, avec cette peur bleue des libéraux de voir un candidat LFI présent au second tour. Alors on voit se mettre en place la stratégie TSM (Tout Sauf Mélenchon) car, pensent-ils, ce sera lui le candidat. Cette stratégie qui s’appuie bien évidemment sur le parti médiatique fait d’ores et déjà feu de tout bois.

 

Une partie des medias néolibéraux eux-mêmes déstabilisés par ce que dit de notre société le tsunami Covid 19 est montée d’un cran dans le syndrome des « 3 L », maladie psychotique médiatique bien connue résumée par ces 3 termes « Lèche, Lâche, Lynche ». Après avoir pataugé salement dans le marigot du premier palier, de ci, de là certains intervenants ou médias se sont risqués à se « hisser », provisoirement sans doute, au deuxième palier. Il est vrai que les projecteurs se sont davantage braqués sur Jean-Luc Mélenchon notamment. Il est vrai aussi que dans cette déconfiture généralisée il a été le seul avec LFI à tenir la route, à expliquer le pourquoi du comment, et à décortiquer les raisons de l’impuissance d’un système à prendre en charge le bien commun et l’intérêt général. Il fallait donc allumer d'urgence des contre-feux avec les mêmes pièces de rechange usagées voire de contrefaçon. Ainsi réapparaissent subitement sur la scène médiatique Arnaud Montebourg, Jean-Pierre Chevènement, Nicolas Hulot, avec leurs discours bien rodés autour de la novlangue, dont les mots et expressions, utilisés pour capter notre intérêt, portent au pire l’inverse de ce qui est dit, au mieux des retouches cosmétiques, histoire de détourner l’attention et de montrer au « bon peuple » dont ils se foutent éperdument qu’il y a d’autres possibilités que cet exagéré de JLM tout en interpellant ce dernier pour le mettre en difficultés comme ils avaient tenté de le faire en 2017 avec la primaire  socialiste de la Belle Alliance ! Partant de là tout un scénario se met en place pour inculquer dans les esprits égarés combien une victoire des progressistes et écolos serait un bienfait pour eux à condition qu’on soit TOUS UNIS DES LE PREMIER TOUR. Et là nous tombons non seulement dans le piège de « qui ?» mais aussi forcément dans le piège d’une édulcoration voire d’une dissolution logique mais fatale du programme « L’Avenir En Commun ».

Illustrons cela par quelques manœuvres déjà activées.

 

Une tribune appuyée par 50 personnalités vient de paraitre dans L’OBS du 14 mai emmenée notamment par Olivier Faure, Audrey Pulvar, Yannick Jadot, Najat Vallaud-Belkacem, et Ian Brossat le communiste inséparable du PS libéral (!!). Bref, un retour vers le passé qui n’empêche pas les tribunitiens de titrer « Au cœur de la crise, construisons l’avenir » et d’appeler à « une convention du monde commun » visant à fonder une alternative politique. Un retour vers le passé des tromperies.

Ils ne doivent pas être au courant, l’alternative existe, elle s’appelle « l’Avenir En Commun », le programme de La France Insoumise. Voir plus

 

Parallèlement sur LCP/Public Sénat est interviewé le président du groupe socialiste au Sénat, Patrick Kanner, ancien ministre, dont l’intervention sur cet aspect des choses sera grandement facilitée par le journaliste. Il rode le discours et dit en substance que devant l’émiettement de la gauche, (il reste donc sur cette distinction qui lui permet d’inclure le PS dans cette famille alors que ce parti assume son orientation néolibérale), il faut s’unir autour d’un programme. Le journaliste lui rétorque « mais autour de qui, il n’y a personne », sous-entendu au PS sans évoquer ni même murmurer la forte présence de Mélenchon et de LFI avec le programme Avenir En Commun dans le paysage politique. Et voilà c’est reparti pour manipuler les gens avec l’aide des médias sur la base d’un discours d’une banalité et d’une inanité à pleurer. Leur objectif est clair : comme ils l’ont déjà fait, préparer un programme fardé de gauche dont la novlangue masquera en fond de teint son caractère profondément libéral, et donc à mille lieux de l’AEC.

 

Sur une autre chaine, LCI, c’est la droite qui s’excite. On y voit Dominique Reynié un « expert » bien connu, du moins toujours présenté ainsi en tant que directeur de Fondapol, société d’études politiques, nous faire part de son analyse forcément objective et pertinente que son titre est censé lui conférer. Aucun présentateur, ici comme ailleurs, n’a jamais dit que Reynié avait été tête de liste LR aux dernières élections régionales. A partir de là il est légitime de penser que son analyse n’est ni objective ni pertinente. Et en plus c’est prouvé ! Lors de son intervention délirante tel un numéro de cirque Reynié était en présence d’une chroniqueuse bien connue aussi, ancienne ministre LR, Roselyne Bachelot (bonjour la pluralité) qui opinait sans cesse du chef et des yeux à l’analyse que Reynié présentait comme une évidence laissant à penser que, concernant la gestion de crise du Covid 19, Mélenchon n’avait rien fait, rien proposé, qu’il n’était même pas conscient de ce qu’il y avait à faire. Je vous propose de cliquer ici pour voir la vidéo montage qui reprend les propos de Reynié suivis de tout ce qu’a fait et proposé LFI depuis le début de cette crise démontrant ainsi qu’il existe avec Reynié pire que des esprits partisans, des esprits sans éthique, sans honneur, sans respect. Pour ceux qui veulent aller plus loin voir le texte de réponse écrit par Mélenchon.

 

Un autre grand média, Le Monde, soutient avec ardeur les 100 propositions de Nicolas Hulot.  C’est son droit le plus absolu d’autant plus que ce quotidien est partenaire officiel de la fondation Hulot. Dans ce cadre Le Monde invite à la "zénitude politique" en nous faisant découvrir "des propositions complexes pleines de profondes exigences intellectuelles".

Ce même quotidien diffuse le 12 mai 2020 un grand article qui nous invite à une profonde réflexion sur le monde d’après. La Une de cet article est barrée par une phrase clé qui en dit long sur la zénitude et la réflexion intellectuelle prônée par le quotidien de révérence : « Comme lors de la crise des gilets jaunes, La France insoumise et le Rassemblement National veulent profiter de la colère et se disputent le titre de représentant le plus légitime du mécontentement ". Une trompette mal embouchée entonnant indignement la renommée de l’amalgame et du populisme envers La France Insoumise, car dans cette formulation c’est bien ce mouvement qui est attaqué. Jean-Luc Mélenchon s’est fendu d’une réponse caustique.

 

Par ailleurs la tempête qui fait tanguer la majorité LREM à l'Assemblée Nationale dont on nous rebat les oreilles depuis peu ne doit pas étonner car l'avis a été émis depuis quelques mois déjà. Des députés LREM avaient déjà quitté le parti. Aujourd'hui ce qui est nouveau c'est la constitution d'un nouveau groupe créé par des députés LREM se disant plus à gauche, sociaux et écologiques. Vous ne sentez pas le piège ? Certes LREM n'aura plus la majorité absolue, un symbole? Sans doute mais est-ce vraiment important quand on sait que MODEM et UDI-AGIR soutiendront le gouvernement qui pourra poursuivre dans sa voie, avec à l'occasion d'ailleurs l'appui de ce nouveau groupe?

Non, ce qui est important c'est le côté manœuvrier de la démarche qui s'inscrit parfaitement dans le remue-ménage décrit plus haut. Les députés ex-LREM qu'ils soient éparpillés ou au sein du nouveau groupe se positionnent dans le rayon des fameuses pièces de rechange avec un libellé à peine gauchi afin de participer le cas échéant au sauvetage du système, point barre.

 

Enfin, perdus qu’ils sont, ils nous volent nos mots qui dans leur bouche ne sont que félonie à but de discrédit de leur signification. Le président Macron s’est essayé à ce jeu morbide en reprenant à son compte « Les jours heureux » ou « l’Etat providence ». Les fantassins ont suivi et même si c’est anecdotique, j’ai voulu le souligner. Ne voilà-t-il pas que l’inénarrable Michel Onfray qui ne cesse de cracher sur JLM, reprend sans honte le terme de « Front Populaire » anti Macron remis au centre de la vie politique il y a quelques mois par le leader de LFI. Le culot est d’autant plus grand que cette initiative d’Onfray aboutit en réalité à réunir quelques souverainistes surtout droitiers comme De Villiers par exemple avec espoir d’en faire un mouvement politique. Même congru il aura pour but de semer la confusion et de grignoter des appuis citoyens.

 

Il est clair que la mise en branle de tous ces bataillons de revenants (et ce n’est qu’un début) a pour objectif de faire de nouveau échec au vrai changement profond et cohérent porté par La France Insoumise comme l’avait fait Hamon en 2017. Tout dépendra individuellement de chaque citoyen qui devra faire preuve de la plus grande perspicacité au regard de ce que nous vivons aujourd’hui mais aussi depuis 3 ans. Si leur stratégie marchait alors nous aurions au pire un duel final Macron/Le Pen ou au pire un duel final PS/Le Pen.

Restons optimistes : même si c’est encore trop tôt certaines études d’opinion permettent d’espérer un vrai changement enfin.

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