La psychose volontairement produite par les chaines d’information continue et les JT classiques concernant le coronavirus permet dans un premier temps aux médias de ne plus parler de la réforme des retraites et dans un second temps au gouvernement d’utiliser cette opportunité de choc pour dégainer le 49-3 afin de stopper le débat de fond engagé avec conviction et talent par les députés insoumis et communistes qui au fil des jours démontraient la nocivité de cette réforme en mettant à nu ses lièvres et ses pièges. Toutes les oppositions ont donc été amenées à déposer des motions de censure, l’une de droite l’autre de gauche dont la discussion devrait avoir lieu ce mardi 3 mars 2020. Même si le résultat arithmétique est connu d’avance (ces motions seront rejetées), le débat parlementaire n’en est pas terminé pour autant et surtout nous devrions entrer dans une nouvelle phase de fortes mobilisations populaires pour condamner ce coup d’Etat social, légal mais illégitime : la rue doit devenir le 49-3 du peuple et venir en appui du combat acharné mené par nos élus. Faisons tout pour que ce mardi soit un « Super Mardi » qui relance dans la rue une nouvelle mobilisation puissante et durable. Je reviendrai sur ce sujet.

 

Je vais vous parler d’un autre sujet qui du coup est aussi passé à la trappe mais qui va revenir sous les projecteurs avec là aussi, ce 3 mars 2020, un « Super Mardi », à savoir les primaires démocrates aux USA qui ébranlent l’establishement US sous les coups de boutoir du peuple américain sur cette partie de l’échiquier politique. Il va s’agir du « Super Tuesday » lors duquel les électeurs démocrates de14 états vont simultanément désigner leurs délégués.

 

Il semblerait que Bernie Sanders, le plus à gauche des candidats qui se désigne lui-même comme socialiste, ait le vent en poupe et soit massivement soutenu par le peuple démocrate. Les élites démocrates et accessoirement républicaines sont déstabilisées et aux abois. Complètement coupées du peuple depuis des décennies elles n’arrivent pas à comprendre comment le peuple américain peut soutenir un programme « socialiste ». Et de fait si Sanders emportait le « Super Tuesday », ce serait le début d’un véritable séisme politique dans la première puissance mondiale, et j‘avoue que ce serait pour moi une grande satisfaction.

D’après la connaissance que j’ai du programme de Bernie Sanders notamment en allant sur sa page Facebook de campagne et en échangeant avec ses supporters, des visions communes essentielles apparaissent avec le programme LFI ainsi que des similitudes avec Mélenchon dans la façon de mener campagne. De fait Sanders est aussi ce candidat en rupture avec la société dans laquelle il évolue. Une véritable révolution pour les USA : priorisation des travailleurs par rapport à Wall-Street en termes de droits, de salaires, de protection sociale avec la protection santé pour tous, , priorisation de l’environnement et de la protection de la nature par rapport aux choix actuels de prédation pour cause de profits, orientation nettement pacifiste et anti-guerre et respect des choix des peuples (il a récemment reconnu que tout n’est pas négatif à Cuba par exemple ce qui marque un grand courage politique par rapport à une certaine hystérie à ce sujet), la mise à contribution financière forte des grandes fortunes et des grandes entreprises pour activer une vraie solidarité au sein du pays, une lutte implacable contre toutes les discriminations (couleur, genre, croyance..). Il est clair que les orientations annoncées sont similaires avec celles de LFI et qu’en se qualifiant lui-même de « socialiste » Sanders marque une forte rupture comme Mélenchon porte une rupture pour la France enlisée dans le marigot ultralibéral.

 

Au-delà de ces fortes similitudes programmatiques, l’ample dynamique autour de Sanders dans ces primaires démocrates provoque un acharnement hargneux, des attaques d’une bassesse inouïe, mensongères et manipulatoires de la part de ses adversaires aussi bien concurrents démocrates que politiciens républicains et de leur parti médiatique. Et là, plus aucun doute : nous avons à faire à une mécanique que nous connaissons bien et qui fonctionne de façon permanente en France contre Mélenchon et LFI. La coalition des ultralibéraux dits « centristes ou modérés » c’est-à-dire les consensuels avec le système de la haute finance appuyée par un parti médiatique qui, comme en France pour JLM, déblatère sans cesse sur l’horrible Sanders dans une complicité étroite avec les conservateurs et Trump lui-même par l’intermédiaire notamment du candidat démocrate multimilliardaire Bloomberg (60 milliards de fortune personnelle), le jumeau économique de l’actuel président.

 

La situation montre clairement (et cela était déjà apparu en 2016) une rupture forte entre le peuple et l’oligarchie servie par une élite politique de plus en plus détestée et rejetée. Et cette élite, qu’elle soit démocrate ou républicaine, veut absolument se maintenir au pouvoir. Et pour cela tous les coups sont permis.

Déjà en 2016 où le parcours de Sanders avait été remarquable, les caciques du parti démocrate avaient tout fait pour l’empêcher d’être désigné comme candidat démocrate en truquant les débats, en manipulant les résultats des primaires et en s’appuyant sur leur parti médiatique alors qu’un sondage disait déjà qu’il était en capacité de battre Trump.

Et bien non, plutôt Trump qu’une révision déchirante des préceptes capitalistes et financiers. Ça ne vous rappelle rien ?

 

Cette année ces élites au service de l’oligarchie ont tenté la même opération en rendant Sanders invisible début 2019 par des sondages bidons le donnant à la ramasse puis en tentant sous couvert de bug informatique d’influencer les électeurs par un résultat des plus contestables dans l’Iowa où Sanders est finalement arrivé en tête en voix mais n’a pas eu la majorité des délégués !!!...  Mais cette fois-ci l’ampleur et donc la pression du vote populaire est trop forte, bien plus qu’en 2016 (4 ans de Trump, bonjour les dégâts), pour maintenir une telle stratégie, les résultats du New-Hampshire et du Nevada en ont été la révélation avec la large victoire de Sanders.

Mais les attaques insensées et fourbes ne cessent pas, bien au contraire.

Sanders est accusé pêle-mêle d’être soutenu par la Russie, d’être antisémite lui juif et ancien kibboutzim, de posséder une maison ultra luxueuse, tout cela étant faux et démontré comme tel. Mais les plateaux de télévision, comme en France, fourmillent de journalistes et éditorialistes, en service commandé pour moquer et ridiculiser Sanders, le présentant débraillé, la bouche de travers, hirsute et menaçant, rageur etc… (ça ne vous rappelle rien ?)

 

Malgré ce, Bernie Sanders est toujours porté par un enthousiasme fou à travers le pays qui pourra au final le porter en tête de tous les candidats. Mais ses adversaires au premier rang desquels les dirigeants du parti, n’en ont pas fini avec lui. Ce n’est déjà pas un hasard si à la veille du « Super Tuesday », le petit Buttigieg, coqueluche des médias en début de campagne et vainqueur contesté en Iowa, se retire. Le parti et les autres candidats espèrent que les électeurs potentiels  de ce dernier iront renforcer Biden (vice-président d’Obama) pour que celui-ci arrive devant Sanders. Je rappelle en cet instant que des sondages récents ayant mis en concurrence Trump avec chacun des candidats démocrates, montrent que SEUL SANDERS BAT TRUMP. Elisabeth Warren qui est présentée comme le plus proche de Sanders devrait elle aussi se retirer pour permettre à Sanders d'éviter le risque d'un écueil. Si elle ne le fait pas elle sera bien complice des ultralibéraux et prendra la responsabilité d'une réélection de Trump. Ça ne vous rappelle rien ?

 

Dans cette bataille américaine le pire est à venir ! Si cette manœuvre ne fonctionne pas ce qui est fort possible tant le soutien populaire à Sanders est fort, voilà que la fin peut s’écrire de deux façons :

-soit Sanders dispose de la majorité absolue des délégués et la bureaucratie de l’appareil démocrate ne pourra rien faire et Sanders sera automatiquement candidat démocrate pour affronter Trump, mais je ne suis pas sûr qu’il puisse compter sur l’appui total du parti et presque sûr qu’il doive faire face à des défections comme les milliardaires démocrates appelant à voter pour le milliardaire Trump, ce qui d’un certain point de vue éclaircirait le paysage.

-soit Sanders n’a pas la majorité absolue tout en arrivant largement en tête même en tutoyant la majorité absolue, alors que dans les configurations similaires passées le candidat obtenant un tel score était tout de même adoubé, il est certain que les caciques du parti sortiront un point des statuts du parti permettant en un tel cas à l’appareil de faire désigner un autre candidat que celui arrivé en tête. Ce qui est légal comme diraient les benêts de macronistes mais totalement illégitime, ce qui provoquerait à mon sens l’explosion du parti démocrate et surtout malheureusement la réélection de Trump.

 

En cette veille du « Super Tuesday » je reste optimiste pour une large victoire de Sanders aux States et un nouveau souffle puissant de mobilisation en France contre ce gouvernement illégitime !

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