Dans sa frénésie aveugle de destruction de la colonne vertébrale du pays que sont les services publics, les établissements publics, le système de santé et de retraite etc, au profit des requins de la finance, le gouvernement ne s’est même pas rendu compte qu’à un moment, un des éléments visés par ce véritable sabotage, pourrait être la victime de trop et déclencherait au plan institutionnel, et c’est cela qui est intéressant, une levée de boucliers telle qu’elle dépasserait les clivages politiques habituels pour former une riposte et empêcher la braderie de trop. Et bien c’est arrivé !

 

La privatisation des Aéroports De Paris (ADP) a renoué un fil si ténu qu’on y croyait plus, celui de l’état d’esprit du CNR, du moins en partie : la gauche parlementaire dans son ensemble et une partie de la droite ont décidé de faire bloc pour engager un processus prévu par la Constitution visant in fine à empêcher la privatisation d’ADP qui, je le rappelle, rapporte plus à l’Etat en tant qu’établissement public fonctionnant sous son autorité que la vente elle-même. Par ailleurs les aéroports sont des frontières dont la privatisation n’est évidemment pas anodine.

Ce processus c’est la mise en œuvre du Référendum d’Initiative Partagée (le RIP).

 

Certes ce processus est lourd et complexe et peut très bien ne pas aboutir à un référendum mais le premier obstacle a été franchi. Il faut au moins 1/5è des membres du Parlement proposant un projet de loi (ici maintien de l’ADP dans le giron public). Compte tenu de la configuration actuelle il a bien fallu que gauche et droite s’entendent sur ce texte. Il fallait ensuite avoir le feu vert de la constitutionnalité par le Conseil Constitutionnel, ce qui a été fait.

La récolte des signatures peut donc débuter et elle vient de commencer ce 13 juin 2019 : on doit obtenir au moins 4,7 millions de signatures d’ici mars 2020. Voir le site et signez !! (munissez-vous de votre CNI ou passeport et reproduisez vos noms et prénoms tels qu'écrits sur l'état civil -livret de famille-, les accents et cédilles sont importants !)

Une fois ces signatures obtenues le texte doit être examiné au moins une fois par chacune des assemblées (AN et Sénat) dans un délai de 6 mois, et c’est là que la fenêtre pour le référendum effectif est étroite :

-soit après examen les assemblées approuvent le texte parce qu’elles tiennent compte du fort soutien populaire qu’il suscite, et alors pas besoin de référendum (illusoire concernant l’AN aux mains des robots Lrem)

-soit le texte est approuvé par le Sénat mais rejeté par l’AN qui a le dernier mot (majorité LREM qui dès le départ ne soutient pas ce texte), il n’y aura pas de référendum, les représentants restent maitres du jeu contre la souveraineté populaire (....réflexion par rapport à mon dernier article)

-soit une des assemblées (le Sénat en l’occurrence) n’examine pas le texte dans le délai de 6 mois, alors le Président de la République est obligé de mettre en œuvre le référendum.

 

Malgré la fenêtre étroite mais possible (refus du Sénat d’examiner le texte dans les délais), c’est la première fois qu’un tel processus est activé, il serait donc très intéressant de voir comment les choses vont concrètement et politiquement se passer. Si in fine il n’aboutit pas on aura eu la démonstration pratique que toute initiative prise par les élus en place touchant le domaine démocratique et supposée viser une vivification de la démocratie comme l'instauration du RIP, n’est forcément qu’une pantalonnade.

 

SIGNEZ MASSIVEMENT

NON A LA PRIVATISATION D'ADP

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