Pitié-Salpêtrière

Sans les réseaux sociaux le mensonge aurait été vérité

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Le masque de la pluralité et de l’indépendance de salon caractérisant la caste des hauts plateaux est tombé, dévoilant au pays d’en bas sa forfaiture dont des millions de téléspectateurs ont pu se rendre compte, y compris les pigistes précaires de terrain et tous ceux qui pouvaient penser que ma critique des médias était excessive. De la seconde peau flamboyante du système protégeant aveuglément l’ultralibéralisme et son avatar français, le macronisme, il ne reste plus qu’une peau en décomposition, scarifiée par les mensonges et les manipulations, les silences arrangeants et les aboiements méprisants et insultants dont l’odeur nauséabonde a pris le pas sur celle « des genêts de Bretagne aux bruyères d’Ardèche ».

 

Tandis que la mobilisation révolutionnaire et citoyenne de ce 1er mai 2019 a été d’un haut niveau comparativement aux années précédentes écrasant pas sa puissance le rassemblement parisien très confidentiel de pseudo syndicats, réformistes de surcroît, menés par le Berger cédétiste et macroniste, les occupants permanents de l’Olympe médiatique ont,  par leurs aboiements baveux de rage, relayé de plateau en plateau l’énorme fakenews lancée par l’indécent et ignoble Castaner selon lequel l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière a fait l’objet d’une attaque violente de la part de manifestants saccageant les locaux, s’en prenant aux personnels et mettant en danger les malades du service de réanimation. Dans la foulée même un médecin, un seul, Mathieu Raux, appuyait la version Castaner, confirmant l’attaque de l’hôpital.

Tout le monde sait aujourd’hui ce qu’il s’est réellement passé. Des manifestants pris en nasse et abondamment gazés, dans la quasi impossibilité de respirer et poursuivis par les casqués sont entrés dans une cour dont rien n’indiquait qu’elle donnait sur l’hôpital pour se réfugier et tenter de reprendre leur respiration. Ils ont même rebroussé chemin quand, montant un escalier, ils se sont rendus compte qu’ils étaient aux portes d’un service hospitalier, ce qui n’a pas empêché les flics de les tabasser et d’en embarquer un certain nombre. En effet dès le lendemain et au fil des jours qui ont suivi les réseaux sociaux nous ont donné à entendre de nombreux témoignages des manifestants eux-mêmes et des personnels hospitaliers présents au moment des faits, et à voir de nombreuses vidéos qui sont venues contredire de manière magistrale les odieux mensonges de Castaner qui sont désormais classés parmi les mensonges d’Etat de notre Histoire.

 

Au-delà de comportements et d’agissements qui relèvent plus de la voyoucratie que d’une représentation supposée démocratique et républicaine, cet épisode a mis en lumière de manière éclatante ce que je m’échine à démontrer depuis longtemps à savoir la faillite et le déshonneur de la caste médiatique des plateaux de télévision mais aussi de la presse écrite qui a abandonné sa déontologie, son éthique et son travail primordial de vérification de l'information dans les poubelles du militantisme macroniste. Certains pourraient m’objecter que ces médias ont rétropédalé après que la vérité s’est trouvé un chemin. Cela pourrait-il moduler mon analyse ? Aucunement car c’est grâce aux réseaux sociaux que la vérité a été rétablie et non aux médias officiels qui ont été contraints peu à peu et pour le moins avec circonspection, de reprendre les faits en maintenant pour certains une bienveillance marquée pour Castaner comme Laurent Neumann sur BFMTV, suggérant qu’en fait la polémique était exagérée ! Un rétropédalage à l’aune de celui du ministre de l’Intérieur pour tenter, sans succès, d’éviter de sombrer dans les abysses du ridicule. Autrement dit sans les réseaux sociaux le mensonge aurait été vérité. Il est grand temps, braves gens, de vous demander pourquoi ce gouvernement, sous prétexte de fakenews sur internet (quelle ironie !), veut contrôler la toile ?

 

Espérant que la médecine n’est pas dans son ensemble à l’image de ce médecin Mathieu Raux, je ne peux m’empêcher d’émettre une forte inquiétude quant à la déontologie et à l’éthique médicale si en tant que citoyen, ce médecin fait passer en priorité ce qu’il croit être son intérêt en allant dans le même sens que Castaner : en effet il dirige depuis 4 ans, conjointement avec le ministère de l’Intérieur, la formation des médecins du RAID et du GIGN. Ceci est très inquiétant quand on sait qu’à Nice un comportement similaire a été observé par le chef de service où était hospitalisé Mme Legay, cette femme de 73 ans membre d’ATTAC, sauvagement matraquée par la police : ce médecin a refusé aux journalistes, vigiles à l’appui, l’accès à la chambre de la victime. On a appris que l’épouse de ce médecin était une adjointe d’Estrosi, maire de Nice, qui avait un peu précipitamment claironné avec mépris que Mme Legay n’avait pas à se trouver là et qu’elle s’était embronchée à un poteau en courant !

Pour l’honneur de la médecine sachez que de nombreux médecins ont signé une pétition pour dénoncer et appeler à refuser le fichage administratif, et donc politique, des gilets jaunes blessés et hospitalisés, que Macron veut leur imposer, pratique habituelle dans les républiques bananières et totalitaires.

 

Pour terminer sur cet épisode de la Pitié-Salpêtrière il est à retenir, à côté de la faillite et du déshonneur du parti médiatique, le comportement similaire de la quasi-totalité des partis politiques du PCF au RN en passant par LR, PS, EELV, MODEM, UDI et bien sûr LREM. Ces derniers ont pris pour argent comptant la scélérate intervention de Castaner dans les secondes qui ont suivi sa diffusion en condamnant « cette attaque » d’un hôpital de façon plus ou moins affirmée selon leur degré d’affinité avec le macronisme. Ce quasi unanimisme dans l’instant n’est pas anodin. Ce rangement derrière Castaner, même s’il est à moduler et même si certains sont revenus, penauds, sur leurs déclarations, ne renvoie pas vraiment à un manque de réflexion, à une erreur ou une bêtise, à une mauvaise évaluation de la situation au regard d’un contexte où pourtant la manipulation et le mensonge d’Etat sont devenus la règle depuis l’affaire Benalla et dont l’observation est constante au cours de cette mobilisation citoyenne des gilets jaunes. Il a une signification politique : il matérialise d’une part le camp des libéraux, de leurs porte-serviettes et de leur assurance-vie et d’autre part le vrai signal d’un rejet commun de ce que représente quant au fond le mouvement des gilets jaunes.

Pourtant, et heureusement, un responsable politique et pas des moindres, a été le porte-drapeau de l’honneur et du courage politique en appelant à la prudence et en mettant immédiatement en doute la véracité des accusations de Castaner. C’est Jean-Luc Mélenchon au nom de La France Insoumise qui, bien évidemment, a été attaqué et accusé de favoriser le  complotisme par tous ces faux-cul jusqu’à ce que la vérité éclate au grand jour sur les réseaux sociaux.. Il a ainsi une nouvelle fois représenté la seule opposition clairvoyante, le seul choix pour s’éloigner au plus vite du marigot pestilentiel de la clique libérale et de sa politique prédatrice.

 

 

Pour la liberté et la justice

Dans le cadre de cette publication et de son thème sur la faillite et le déshonneur des médias meanstreams je ne pouvais me taire sur un évènement politique d’ordre international concernant un citoyen du monde qui a décidé avec son équipe et le support WikiLeaks de révéler aux autres citoyens du monde des informations qui leur étaient cachées, considérées par la caste politico-financière des pays concernés dont notamment les USA, la France et bien d’autres comme des secrets d’Etat vitaux mais démontrant surtout combien et comment les peuples sont manipulés, induits en erreur, quitte à les précipiter dans des affrontements fratricides pourvu que les capitaux et les intérêts de vie de la caste soient préservés et développés. Cet homme s’appelle Julian Assange.

Dès cet instant il a été pour les USA, soutenus de manière plus ou moins affichée par leurs alliés, l’homme à abattre. L’Empire a mis en œuvre les poursuites judiciaires internationales pour s’emparer de celui qu’il considère comme un criminel, sans succès. Une sombre affaire pour viol a été montée de toutes pièces par la Suède, probablement sur injonction américaine à la fois pour le salir et l’incarcérer afin de retourner la justice suédoise à son encontre et permettre son extradition vers les USA. Assange a réussi alors à se réfugier à l’ambassade d’Equateur à Londres où il a vécu dans une pièce de 12m2 entre 2012 et 2019 mais où il était sous la protection diplomatique d’un pays alors progressiste qui lui avait accordé le droit d’asile et en 2018 la nationalité équatorienne. Pendant ce temps, alors que la police britannique rodait autour de l’ambassade équatorienne pour empêcher toute sortie d’Assange, prête à exécuter servilement les ordres de Washington, les poursuites pour viol ont été abandonnées en Suède, ce qui démontre leur profonde inanité.

Mais voilà, le nouveau président d’Equateur au prénom évocateur mais trompeur, Lenin Moreno, dont la campagne électorale avait été pourtant soutenue par son humaniste prédécesseur Rafael Correa, a trahi l’engagement de son pays envers Assange en lui retirant sa nationalité équatorienne en avril 2019 qu’il lui avait pourtant accordée l’année précédente et mit fin à son droit d’asile. La trahison de Lenin Moreno fut vite démontrée : il mena un coup d’Etat en douceur en faisant poursuivre son prédécesseur Correa sur la base d’un dossier monté de toutes pièces et retira à son vice-président Jorge Glas la plupart de ses fonctions avant de le faire arrêter pour s’engager dans une politique libérale favorable aux USA. Depuis il s’est avéré que Moreno était un corrompu à hauteur de plusieurs millions de dollars financés par les Etats-Unis. Ainsi pour quelques millions de dollars, Assange, cet homme qui s’est battu pour que la vérité éclate sur de très lourds dossiers, est jeté dans les griffes de l’Empire, pour être probablement condamné à mort : en effet dès la levée du droit d’asile, la police britannique s’est emparée de Julian Assange et la procédure d’extradition vers les Etats-Unis s’est immédiatement enclenchée.

 

Et là, à part trois images furtives sur l’arrestation théâtralisée du journaliste d’investigation qu’est finalement Assange, un silence assourdissant des médias a accompagné ce véritable tremblement de terre des libertés réduit à cette mise en scène sans aucune explication ni analyse objectives sur les tenants et les aboutissants de cette affaire. Pire, pour les médias occidentaux, et notamment le parti médiatique français, Assange est le méchant conformément aux desiderata des USA. Non seulement il ne leur est pas apparu juste de prendre sa défense mais les médias ont poursuivi le bonhomme de leur hargne partisane et atlantiste. La France, pays des droits de l’homme et des libertés aurait dû prendre le relais de l’Equateur défaillant et accorder le droit d’asile à l'australien. Mais comme il n’est plus celui des droits de l’homme et des libertés, notre pays s’est conformé à son nouveau statut liberticide et autoritaire.

 

Là encore les médias ont donc failli et se sont déshonorés en n’exprimant aucune solidarité ni soutien à un homme faisant pourtant honneur à cette profession. Et la quasi-totalité de la classe politique est sur la même position, sauf La France Insoumise qui par la voix de Jean-Luc Mélenchon demande l’asile politique en France pour Assange depuis le début de son exil.

Pour bien fixer dans notre esprit où en est le monde aujourd’hui, il suffit de se reporter à l’illustration commentée ci-dessous. On ne sera donc pas étonné que le grand dirigeant de Facebook, Mark Zuckerberg soit reçu à l’Elysée le 9 mai 2019 tel un chef d’Etat, pour mettre au point le verrouillage politique de la plateforme conformément aux intérêts des puissants sous prétexte de lutte contre les fakenews et les publications indécentes ! Indécente pantalonnade.

 

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