Une nouvelle fois les paillassons médiatiques de la macronie ont lancé en meute glapissante une véritable contre-offensive pour discréditer Jean-Luc Mélenchon et le mouvement LFI à la veille des élections européennes. Ces paillassons constitués de touffes de journalistes, d’éditorialistes, de LREM mais aussi de PS, de EELV etc. ont cru une fois de plus leur heure de gloire arriver en pensant avoir dégommé à la fois le mouvement des gilets jaunes et La France Insoumise accusés dans leur globalité d’antisémitisme et avoir associé, amalgamé enfin définitivement LFI et RN suite aux graves interpellations et insultes dont a été l’objet Alain Finkielkraut par quelques gilets jaunes à l’évidence isolés, agressifs, tenants des propos tout à fait condamnables à l’encontre du philosophe car liés à sa confession juive.

 

C’est à partir de cet instant que l’ignominie politicarde se met en place. Une grande manifestation trans-partisane contre l’antisémitisme dont l’horreur intrinsèque venait juste de réapparaitre avec les croix gammées sur les portraits de Simone Veil et les profanations du lieu de mémoire du jeune Ilan Halimi sauvagement martyrisé parce que juif, est immédiatement convoquée par le PS qui « oublie » de contacter LFI, mais également refuse de contacter le RN, ce qui n’est pas anodin pour la suite. Même après que LFI a annoncé qu’elle participerait sans aucune retenue ni réticence à cette grande protestation contre l’antisémitisme tout simplement parce que c’est dans ses gènes politiques et philosophiques, cette manœuvre du PS, avec probablement la complicité des autres, a permis dans l’instant et pendant plusieurs jours aux paillassons médiatico-politiques libéraux de tous poils de vomir dans un flot ininterrompu leurs propos abjects visant à salir LFI et ses responsables (notamment JL Mélenchon) et à l’assimiler au RN. Oui ces abjections portées par des filous tout aussi abjects sont une instrumentalisation dans le contexte donné de l’antisémitisme à des fins politiciennes, pire électoralistes à 3 mois des élections européennes qui voient déjà l’unanimisme européiste s’afficher du PS à LR en passant par LREM, G.s, EELV, MODEM, UDI et y compris une tendance non négligeable au sein du PCF sur le consentement aux traités actuels point fondamental car il nous enferme dans un processus mortifère sans issue. Alors il fallait saisir l’opportunité pour que cet unanimisme socio-politico-économique se cristallise aussi autour de la lutte contre l’antisémitisme dans cette configuration précise et particulière pour montrer que cet unanimisme est le côté des « bons » contre les « méchants » qui refusent cette belle Europe et qui en plus sont antisémites avec en prime cet amalgame odieux, sur les deux thèmes entre LFI et RN, et voilà hop, CQFD. Il est clair que cette rage médiatico-politique contre LFI tend ou espère faire payer à ce mouvement non seulement son soutien aux gilets jaunes mais aussi le fait que des revendications essentielles portées par les gilets jaunes se retrouvent dans le programme LFI, l’Avenir en Commun.

 

Tout esprit sensé et objectif sait très bien que les fondamentaux humanistes de LFI ne peuvent en aucun cas la classer dans la mouvance antisémite ni la supposer ou la déclarer complice. L’affirmer ou le sous-entendre est une infamie.

Chacun se souvient de la façon outrancière et violente dont des hurluberlus juifs d’extrême droite ont agressé le groupe de députés LFI lors de la marche blanche en mémoire de Mireille Knoll, alors que ces députés étaient partie prenante de la solidarité de l’Assemblée Nationale sous la houlette de son président. Aucun geste de protection ou de soutien des autres partis ni du président de Rugy. Obligé de quitter le cortège alors que le fils de la victime le soutenait et alors que Le Pen a pu y rester, JL Mélenchon a fait une déclaration dont j’ai extrait la phrase clé :

Que chaque juif sache qu'il est sous la protection de la totalité de la communauté nationale

Jean-Luc Mélenchon / Marche blanche de Mireille Knoll

Chacun devrait se souvenir aussi que JL Mélenchon a été le seul à s’opposer à la réédition française de « Mein Kampf », l’horreur littéraire d’Hitler qui se réalisera, alors que tout ce beau monde de la social-démocratie et du libéralisme s’est tu au prétexte d’une critique associée. Voici ce qu’en avait dit JL Mélenchon :

Je ne veux pas qu’une seule personne soit convaincue de l’infériorité humaine des juifs, des communistes, des francs-maçons et des autres obsessions névrotiques du criminel Hitler. Pas une seule. La tolérance dans ce domaine n’a aucune place à réclamer. Si le livre est publié, son appareil critique n’empêchera pas qu’il puisse être considéré comme un trouble à l’ordre public républicain et une incitation à la haine raciale

Jean-Muc Mélenchon / Réédition de "Mein Kampf"

Par contre critiquer la politique du gouvernement de droite et d’extrême droite israélien envers les palestiniens mais également sa politique intérieure antisociale et réactionnaire est un droit parfaitement légitime. Certains essaient d’associer ce droit légitime à l’antisémitisme ce qui est une véritable perversion intellectuelle et historique. On retrouve parmi ces gens des irresponsables de la droite et de l’extrême droite israélienne et leurs soutiens en France tel Manuel Valls qui confirme aujourd’hui ses positions très droitières en défilant en Catalogne aux côtés de la droite et de l’extrême droite espagnoles contre le gouvernement dirigé par le socialiste Sanchez ou comme le CRIF qui est devenu un influenceur du gouvernement israélien actuel auprès de nos gouvernements successifs et qui s’est institutionnalisé représentant des juifs de France mais dont il n’est en aucun cas numériquement et politiquement représentatif. Rappelons que Francis Kalifat qui est à la tête du CRIF a longtemps fait partie du Betar, mouvement de jeunesse de l’extrême droite sioniste. Je vous propose de lire une publication parue sur Médiapart qui reprend in extenso une tribune de Rony Brauman qui démonte et dénonce la tentative d’assimiler antisémitisme et antisionisme, même si, on le sait, certains se cachent derrière l’antisionisme pour faire de l’antisémitisme, comme d’autres se cachent derrière une laïcité dévoyée pour donner libre cours à leur islamophobie.

 

Mais revenons sur les incidents qui ont mis face à face ces quelques gilets jaunes indignes de leur cause et Alain Finkielkraut. Ce dernier est bien connu pour ses analyses et positions très contestables sur l’islam mais également pour ses prises de positions très droitières sur les thèmes essentiels qui préoccupent les gilets jaunes et au-delà la majorité des français (thèmes sociaux, économiques, politiques et démocratiques). Le susdit philosophe est un  soutien du système capitaliste et donc de Macron et de son gouvernement. Alain Finkielkraut semble coutumier de ses apparitions provocatrices visant à discréditer tel ou tel mouvement se situant en rupture avec le système actuel. Souvenons-nous de son intervention lors d’une assemblée de Nuit Debout sur la place de la République à Paris en 2016. Les caméras attentives et bienveillantes à son égard étaient là et se sont emparés de cet incident pour montrer la soit disant intolérance des engagés dans Nuit Debout. En ce samedi 16 février 2019 Alain Finkielkraut récidive. Le mouvement des gilets jaunes dure, s’enkyste, un véritable boulet politique aux pieds du gouvernement. Quelle formidable « opportunité » que cette nouvelle apparition du personnage, devant quelques gilets jaunes faussaires de la lutte générale en présence de quelques caméras à la recherche d’images « au hasard »… ou hasardeuses permettant d’enfoncer le clou sur la rhétorique globalisante du caractère fasciste, raciste, antisémite, homophobe du mouvement des gilets jaunes.  Bref une mise en scène dont on pourrait évoquer le caractère manipulatoire et volontairement discréditant. Les chiens de garde médiatiques à la fine et délicate bave n’ont eu que quelques aboiements à émettre pour instrumentaliser le monstrueux hallali abordé en début d’article…

 

Afin de bien figer les choses je vous propose de visionner la vidéo ci-dessous qui relate la conférence de  presse de Jean-Luc Mélenchon. Une mise au point et une analyse pertinente.

Retour à l'accueil