Après les vœux insolents et menaçants de Macron, l'arrestation illégale et provocatrice de Drouet, un des leaders les plus charismatiques des gilets jaunes, la mobilisation de ce samedi 5 janvier 2019 a été d'une puissance inégalée et les affrontements toujours aussi durs, voulus et provoqués par Castaner. Plus le gouvernement s'enferme dans cette stratégie plus la crise se creuse et s'élargit avec un soutien populaire de haut niveau. L'aveuglement du pouvoir dans son entêtement de caste oligarchique est en train de le déconsidérer définitivement et sa stratégie est d'ores et déjà perdante malgré l'insanité partisane du parti médiatique qui fait feu de tout bois mais qui deviendra cendre comme le pouvoir qu'il défend sans vergogne.

Dans le cadre de cette actualité je vous retranscris ci-dessous l'admirable texte que vient de publier Jean-Luc Mélenchon à l'occasion de cette journée du 5 janvier, intitulé "L'état d'insurrection citoyenne". A lire absolument.

" L'insurrection citoyenne reprend. Plus forte, plus déterminée que jamais. Sur les ponts de Paris ce fut même une bataille au corps à corps. Quel genre de pouvoir est celui qui rend de telles scènes possibles en France ? Les vœux ineptes du président et ses menaces contre l’action populaire ont reçu leur réponse dans les rues ce samedi. La mobilisation est repartie à son point le plus haut. Comme nous avions été nombreux à le prévoir, les rites familiaux des fêtes de fin d’année n’avaient pas éteint l’incendie politique des Gilets jaunes. L’arrestation de Drouet et les autres actes de répression disproportionné que le pouvoir a ordonné à la Police et à la Justice ont bien relancé la mobilisation. Et les grossières campagne de lynchage médiatique réalisées par les chiens de garde ont réarmé le ressort de l’indignation populaire. Et spécialement lors de cette manœuvre ridicule de la presse Bolloré pour actionner un buzz, en pleine journée de mobilisation de rues, sur le thème « l’abrogation du « mariage pour tous » première revendication des gilets jaunes ». Une attitude stupide qui alimente l’hostilité populaire croissante contre les malheureux soutiers des médias présents dans la rue. Mais encore une fois il n’y a pas de meilleure éducation populaire de masse que celle-là, y compris concernant la vraie nature des principaux instruments de domination du système en général et pas seulement de l’appareil médiatique. Et comme cette dernière manœuvre « mariage pour tous » s’est appuyée sur les travaux du prétendu « grand débat », on voit à quelles manipulations celui-ci est voué. Avant les fêtes, les mêmes chiens de garde avaient essayé d’administrer un bon vieux coup de rayon paralysant sur le registre de l’antisémitisme. En vain. A la rentrée ce furent Apathie et Hamon assignant Drouet à l’extrême droite pour demander une répression « républicaine ». Hamon poussa même jusqu’à demander qu’on « remette le clocher au centre du village », expression qui en dit long sur les racines de ce type de pensée. Et toute la journée les insultes contre Drouet ou contre moi fusèrent dans l’ivresse contagieuse des boucles médiatiques. Le pouvoir se sentit les mains libres. Il embastilla Drouet. Mais pas seulement ! Les femmes également arrêtées ce soir-là firent un superbe selfie en cellule, une image d'un type qui font le tour de France et du monde en quelques minutes, discréditant en une seconde ceux qui croyaient les intimider. En tous cas toute la séquence reste celle d’un échec total des extincteurs traditionnel de la bonne société.
Evidemment l’insurrection a franchi un seuil en faisant un tel retour. Il va de soi que le sens politique du mouvement se concentre sur la question du pouvoir politique. Aucune société démocratique ne peut fonctionner sans consentement à l’autorité. Quand celle-ci se rompt, que cela plaise ou pas il faut tout remettre à plat. Bien sur la macronie, ses pompes et ses œuvres, ne veut pas en entendre parler. Mais plus il tarde plus le niveau de l’exigence politique s’élève. On est déjà passé de la hausse des carburant au RIC. Le tout sur fond de slogan permanent « Macron démission », « Macron on vient te chercher ». On approche du moment où c’est la règle du jeu politique tout entière qui sera mise en débat. Cette transcroissance des revendications sociales en revendication de pouvoir politique est au cœur de la vision des Insoumis et de leur projet de convocation d’une Assemblée Constituante ! Ce qui est certain en toute hypothèse c’est que le macronisme c’est la chienlit. Le sens de l’Etat a déserté les sommets du pouvoir. En attestent l’utilisation des moyens de l’Etat à des fins étroitement partisanes. Comme l’affaire Benalla, nos perquisitions et l’arrestation de Drouet, l’usage de munitions meurtrière dans le maintien de l’ordre qui multiplie le nombre des estropiés l’on montré, parmi tant d’autres choses. Les partisans du passage en force et des solutions violentes entrainent le pays dans une impasse destructrice."
JLM

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