Cet article a été publié dans mon ancien blog et mis à jour pour celui-ci car d’une actualité brûlante. Est associé à cet article le film très éclairant sur l’analyse du système libéral, « La stratégie du choc » de Naomie KLEIN que vous pourrez voir ou revoir en fin  d’article.

 

Voilà un titre très accrocheur que certains lecteurs vont trouver un tantinet provocateur mais au final vous conviendrez qu’il ne l’est pas tant que cela. En tout cas pas plus que si j’avais associé au chilien la britannique Thatcher ou l’américain Reagan.

Macron et sa majorité « introuvable » utilisent légalement leur pouvoir absolu pour mener, en l’aggravant, une politique économique et sociale ultralibérale. Avec la suppression de l’ISF (4 milliards), le renouvellement et le doublement du CICE (40 milliards) qui, contrairement aux promesses, n’a pratiquement aucun impact positif sur l’emploi, la mise en place de la « Flat Tax » qui met un terme à la progressivité de la taxation du capital, la suppression de « l’Exit Tax » qui taxait les capitaux fuyards, des milliards d’euros sont drainés vers les plus riches, et notamment ceux du Cac40 au détriment des plus pauvres et de la classe moyenne qui doivent compenser ces pertes pour les finances publiques avec la forte augmentation de la CSG sur les retraites, celle des taxes de carburants et taxes diverses, par exemple, auxquelles s’ajoutent l’augmentation des prix des biens essentiels comme l’eau, l’électricité et le gaz, les péages d’autoroute dès janvier 2019 etc. Dans le même temps cette politique obtempère aux injonctions de l’UE par la casse du code du travail, de notre système de retraite par répartition, de notre système de soins par la mise à mort de la SECU avec la diminution puis la suppression des cotisations sociales, la disparition programmée des hôpitaux et services publics et pratique un laxisme inacceptable à l’égard des profiteurs des 100 milliards annuels de fraude fiscale en refusant de faire sauter le « verrou de Bercy » et en supprimant des milliers de postes de contrôleurs financiers. La difficulté à joindre les deux bouts frappe de plein fouet les plus défavorisés et s’étend vers les classes moyennes et moyennes supérieures qui constatent la diminution de leur pouvoir d’achat alors que le cas de Carlos Ghosn vient illustrer une fois de plus que ceux qui accumulent (13millions d'euros par an pour ce monsieur) trichent encore plus. Il est symptomatique de remarquer une fois de plus que le discours communicationnel de l’idéologie ultralibérale porte une vision très particulière de la solidarité : celle devant s’exercer uniquement entre des moutons déjà plus ou moins tondus mais jamais du loup capitaliste envers les moutons. Bien au contraire, ce prédateur se gave encore plus.

 

Cette vision politique est celle qui s’applique actuellement dans une grande partie du monde et spécialement en Europe avec une frénésie sans limite. Et pourtant cette politique qui date des années 1980 a des conséquences désastreuses sur les citoyens qui, compte tenu des conséquences sur leur vie, l’évaluent logiquement comme un échec mais qui est considérée par les financiers, les grands groupes et leurs politiciens relais comme une réussite … La plupart des gens pensent que cette politique de casse humaine et sociale qui s’est étendue sur le monde comme un cancer, date du temps où Margaret Thatcher a accédé au pouvoir, renforcée un an après par l’arrivée de Donald Reagan à la Maison Blanche. Ces deux dirigeants étaient des disciples inconditionnels d’un certain Milton Friedman économiste américain qui créa son Université « militante » à Chicago et de son acolyte Friedrich Hayek économiste britannique. La théorie de ces deux économistes était basée sur la privatisation totale de tout et sur la quasi disparition des interventions étatiques et de l’Etat lui-même. Au début des années 70 cette théorie apparaissait complètement folle, dans son concept et sa réalisation effective : on verra par la suite qu’elle le fût et qu’elle l’est à travers ses effets dévastateurs sur le genre humain et sur l’intérêt général humain. Mais au départ il fallait expérimenter et cette expérimentation allait entacher à jamais cette vision économique et (in)humaine du monde basée sur « La Stratégie du Choc » titre du livre de Naomi Klein journaliste, essayiste et réalisatrice canadienne.

 En 1970 le Chili, de tradition démocratique depuis environ 40 ans, porte démocratiquement au pouvoir Salvadore Allende figure emblématique de la gauche (la vraie) chilienne qui engage des réformes économiques et sociales profondes en faveur des classes populaires et par voie de conséquences contre les intérêts des hauts privilégiés et des entreprises prédatrices. Nixon et la CIA qui avaient tout fait pour empêcher cette élection ont décidé de bafouer l’expression démocratique d’un peuple en fomentant un complot contre le pouvoir en place par la création artificielle du chaos économique avec l’aide de leurs complices autochtones. Dans le même temps Friedman fit venir gratuitement dans son Université de Chicago des étudiants chiliens privilégiés de l’Université catholique de Santiago pour les former à ses théories ultralibérales. En septembre 1973 l’armée, avec à sa tête le fasciste Pinochet, s’empare du pouvoir par la force, et instaure un pouvoir de terreur d’ordre nazi. Les chiliens sont massacrés, torturés, emprisonnés, isolés, enlevés, bref frappés par un véritable choc. Anéantis physiquement et psychologiquement ils allaient être résignés face à l’application d’une politique sauvage ultralibérale mise en place par la junte militaire sur les conseils des étudiants invités par Friedman au cours des années précédentes et revenus au bercail pour exercer leurs monstrueux talents. Ces « Chicago Boys » comme on les appela remirent à Pinochet un livre énorme appelé « la brique » où étaient listées toutes les mesures Friedmaniennes à mettre en place. Les grands intérêts se redorèrent la pilule. Le peuple chilien, en plus d’avoir perdu ses libertés, sombra dans une misère noire mais la théorie de Friedman pouvait voir le jour en grand et pour ce dernier ce fut une réussite ! L’ultralibéralisme que nous connaissons aujourd’hui est issu de ce moment-là, il est donc à jamais lié à cette horreur, 30 ans après le nazisme, qui fut répétée peu de temps après en 1976 par la dictature du général Videla en Argentine où les évènements se déroulèrent à l’identique. Ce rappel historique montre que :

1-contrairement à ce qu’affirme Friedman, l’ultralibéralisme économique n’est pas intrinsèquement lié et ne marche pas de pair avec la démocratie politique, je dirai même au contraire
2-pour appliquer des mesures extrêmes au plan social il faut que le peuple subisse un choc tel que la résignation totale s’empare des individus dont l’essentiel des préoccupations ne puisse plus être que de penser à l’immédiateté de leur propre sauvegarde autant que faire se peut.

Les chocs de grande ampleur qui traumatisent les peuples ne résident pas seulement dans des complots voulus et montés de toutes pièces mettant en place avec violence un pouvoir politique favorable. Les tenants de cette politique saisissent aussi des « opportunités » de tous ordres dont des opportunités climatiques comme l’ouragan Katrina qui dévasta la Nouvelle-Orléans en 2005 et dont Friedman suggéra de se servir pour imposer une privatisation du système éducatif de la ville ou comme le tsunami de 2004 au Sri Lanka dont on se servit pour interdire aux pêcheurs de se réinstaller sur les plages, et les priver de leur gagne-pain, pour pouvoir construire des hôtels de luxe. Ceci dit, complots ou opportunités, ce sont des chocs plus ou moins forts gérés par des pouvoirs d’intérêts puissants qui la plupart du temps sont à l’origine de la mise en œuvre ou de l’aggravation de politiques antisociales en faveur du monde de la finance (guerre des Malouines) ou de l’exploitation éhontée d’un pays en plein marasme avec l’enrichissement scandaleux de sociétés privées qui ont pris la place de l’Etat américain dans ses fonctions régaliennes c’est-à-dire privatisation de l’armée (guerre d’Irak,..).

Prenez le temps de visionnez le film de Naomie Klein (en fin d’article) qui relate de manière claire et précise toute cette histoire dont on veut nous imposer le chemin qui n’est pas le nôtre (durée 1h30).

 

Pour revenir à une situation plus proche de nous dans le temps et géographiquement, c’est aussi ce qui s’est passé pour la Grèce. Le peuple grec a subi un terrible choc avec les mesures imposées par la commission européenne. Un véritable coup d’Etat financier perpétré par le système bancaire a été commis quand le peuple a tenté de s’opposer en changeant radicalement son choix démocratique. La légèreté de Tsipras qui s’est bien vite transformée en trahison n’a pas arrangé les choses mais il s’est bien agi d’un coup de force venu directement de l’extérieur, d’un choc supplémentaire énorme, pour plonger encore plus le peuple grec dans la terreur du quotidien et donc de continuer à accepter l’inacceptable par la résignation. Et ce qui se passe en Grèce sert aussi  d’avertissement aux autres peuples européens : ils paient aussi pour nos éventuelles velléités. Les grecs subissent de la part de la Commission européenne une dictature financière et donc d’une autre nature que celles du Chili ou de l’Argentine mais aux conséquences et aux objectifs identiques. Encore que, à cause de la trahison de Tsipras et à son initiative nous voyons aujourd’hui la citoyenneté sociale de la Grèce bâillonnée avec notamment la réduction drastique du droit de grève.  L’Espagne et le Portugal ont également subi cette politique ignoble qui n’a pas amélioré la situation du plus grand nombre, notamment en Espagne, sachant que le Portugal, avec l’arrivée récente de la gauche au pouvoir (un PS qui a été contraint de négocier d’autres orientations sous la pression d’une vraie gauche constituée par le Bloco et Izquerdia et portée par une vague populaire importante) voit peu à peu la situation de son peuple s’améliorer sous l’œil rageur de la Commission qui menace ce pays de sanctions !

 

Et pour la France macronienne, quel type de choc ou quel étouffement provoqué ou opportun peut entrainer une acceptation quasiment sans combat du grand basculement libéral dont j’ai souvent parlé dans mes articles précédents ? Nous allons voir comment cet objectif libéral a pu être en grande partie atteint.

1-Tout d’abord le climat pérenne initié par le choc des actes terroristes sous Hollande qui a eu un impact tétanisant sur la population, accentué par l’utilisation et la récupération politicienne de ces évènements par les gouvernements successifs qui s’en sont saisis comme « opportunité » anxiogène autorisant une politique ultra sécuritaire par le vote de lois s’empilant sur des lois existantes et donc inefficaces et/ou superfétatoires. Par contre le pouvoir s’en est servi et s’en sert à l’encontre de militants politiques et syndicaux, pour interdire des manifestations, pour contraindre l’ardeur contestataire d’une politique anti sociale. Cette dérive sécuritaire est allée jusqu’à l’introduction des dispositifs de l’état d’urgence dans la loi commune avec l’arrivée de Macron.

2-Il fallait par ailleurs mettre rapidement en place un dispositif politique de type grande coalition à l’allemande, puissant, afin de rejeter aux marges les opposants. PS et LR étaient sur la bonne voie mais si leur rapprochement économique était de fait quasiment parachevé leur rapprochement politique prenait du retard, et la finance et l’UE ne pouvaient plus attendre. Elles ont donc lâché les deux vieux partis pour mettre en avant l’homme qui avait déjà lancé de forts signaux d’allégeance en tant que ministre de l’économie de Hollande et accessoirement ancien banquier. Macron a donc été massivement propulsé par le Cac40 qui l’a abondamment financé et les médias (dont 90% appartiennent au même Cac40) qui l’ont fanatiquement soutenu pour réussir à faire accéder au pouvoir cette grande coalition au sein d’un même et unique mouvement : LREM (La Régression En Marche). Cet étouffement médiatique renvoyait au caractère de principe de la grande coalition : l’absence totale ou du moins l’existence ténue de toute parole contradictoire ainsi marginalisée en même temps que l’affaire Fillon a permis médiatiquement de réduire encore plus l’espace du débat. Alors que la démocratie est par essence confrontation d’idées, un contexte de propagande à sens unique a permis à Macron d’être élu face à l’adversaire rêvée, une configuration préparée de longue date (pour Hollande au départ) par des médias qui ont soutenu et appuyé la dédiabolisation de Le Pen et traité ses sujets de prédilection comme centraux ! Cette omniprésence de la propagande macrono-libérale  a joué son rôle avant les élections et est en action permanente depuis : c’est l’étouffement neuronal mené par le parti médiatique qui au-delà de son soutien actif au nouveau président et de la diffusion matraquée des éléments de langage libéraux, n’a cessé d’émettre la petite musique « il vient d’arriver, il faut lui laisser le temps, il tient ses promesses, il est moderne, il réforme… ». Si cet étouffement médiatique ne peut être véritablement assimilé à un choc, il a été pour le moins un poids lourd pesant sur les esprits afin d’infléchir leur choix. L’apparence démocratique devait, à ce stade, être préservée car le but est de faire croire que les gens consentent à la régression sociale par le vote.

3-C’est là qu’une forme de choc se met en place avec le consentement certes mais non éclairé des français car obtenu sous l’emprise de l’action d’étouffement du parti médiatique et par l’effet amplificateur d’institutions qui ne sont qu’un ersatz de démocratie (60% des sièges à l’Assemblée pour 23% des voix au premier tour de la présidentielle) dans un contexte d’abstentions massives qui dénote le haut degré de décrépitude de notre démocratie et donc de nos institutions. (Je noterai ici que le piétinement du NON au référendum sur le TCE en 2005 s'inscrit dans la stratégie du choc en dégoutant les citoyens qui depuis sont de plus en plus nombreux à s'installer dans l'abstention). Ainsi un quasi parti unique dirige le pays et se croyant assez fort, sans char ni armée, il impose ce qu’il a prévu à un rythme effréné. Macron se prend pour le Roi Soleil ou Jupiter (ça dépend des moments) : avec sa « pensée complexe » sans doute en viendra-t-il à se comparer bientôt au feu « génie des Carpates ». Il a donc exécuté son coup d’État social et dégradé ou supprimé les amortisseurs sociaux qui avaient permis à beaucoup de citoyens d’éviter le pire du pire suite à la crise financière de 2008. Cette griserie l’a même poussé à augmenter sauvagement les taxes sur les carburants sous prétexte d’écologie sans aucun souci pour les plus modestes et en nous prenant pour des aliborons car ces 4 milliards de taxes supplémentaires ne vont pas à l’écologie mais servent à compenser les 4 milliards rendus aux riches par la suppression de l’ISF. La perte de tous nos repères sociaux constitue aussi un choc qui ne fait qu'accélérer l'offensive revancharde du pouvoir capitaliste.  Grâce à son omnipotence institutionnelle, Macron va tenter aussi un coup d’État politique avec son projet de réforme constitutionnelle (suspendu pour cause d’affaire Benalla) qui décuplera les pouvoirs présidentiels au détriment de ceux du Parlement avec en prime une vaste opération politico-maffieuse menée par Castaner visant à redécouper les circonscriptions en raison de la diminution du nombre de sièges de députés, un vaste recul de ce qui reste de démocratie effective dans notre pays. Rappelons-nous que leur but est de pérenniser le système libéral avec autant que possible l’appui du label « démocratique », même si celui-ci est frappé d’insincérité et d’illégitimité, pour éviter toute option violente, qui, on l’a vu, n’est jamais exclue chez les libéraux : gardons à l’esprit que dans chacun d’eux dort un dictateur en puissance pour, le cas échéant, sauvegarder par la force et la répression les énormes intérêts en jeu dont ils ont la garde et la gestion, quitte même à laisser l’extrême droite arriver au pouvoir plutôt qu’un Front Populaire.

4- Mais un choc plus fort est potentiellement en gestation. Il pourrait bien, dans un contexte de reculs sociaux fragilisant et d’altération profonde des amortisseurs sociaux, constituer cette « opportunité » en apparence mais en réalité cette brutalité volontairement déclenchée par le système lui-même permettant au pouvoir français mais aussi aux autres pays européens où des alternatives humanistes fortes se sont levées, de poursuivre  dans leur folle voie friedmanienne par la stupeur paralysante que provoquerait ce choc : de nombreux spécialistes mettent en garde contre la gigantesque bulle financière dont la plausible explosion provoquerait une crise financière systémique, probablement plus forte que celle de 2008.

 5-Pour finir il n’est pas irréaliste de penser à un autre type de choc, non voulu celui-là, mais découlant pourtant de l’inaction et de l’irresponsabilité de nos dirigeants actuels et des deux quinquennats précédents complètement ficelés par les lobbies du nucléaire : celui d’un accident grave dans une centrale arrivant en fin de vie au cours de l’actuelle mandature et qu’on aura laissé en activité. Un livre sorti au mois de février 2018 remet la pression dans ce domaine en révélant de très sérieux problèmes de sécurité relatifs à l’apparition de fissures dans les cuves dues à l’hydrogène, la progression de ces fissures en nombre et en gravité n’étant pas maitrisables à ce jour.

 

Malgré ce tableau plutôt pessimiste mais réaliste, cette position de « parti unique » portant cette pensée friedmanienne est en réalité un géant aux pieds d’argile. Une élection présidentielle par défaut (barrage à Le Pen) et 57% d’abstentions au second tour des législatives démontrent que l’option macronienne est assise sur du sable. Et il aura suffi de l’affaire Benalla pour que ce sable devienne subitement mouvant puis commence à s’affaisser sous l’effet des secousses des démissions de Hulot puis de Colomb et que l’édifice se lézarde sous les coups de boutoirs de la seule opposition crédible et porteuse d’espoir, LFI et son porte-parole historique Jean-Luc Mélenchon qui apparurent alors aux citoyens comme la seule issue stable pour le pays et pour eux-mêmes et devenaient donc le vrai danger pour ce pouvoir au service des riches dans ce contexte brusquement dégradé. Dans la première version de cet article je me demandais si ce parti unique au pouvoir utiliserait tous les moyens qu’utilisent les pays à parti unique dits de « république bananière » quand la contestation deviendrait trop forte ou que la situation tout à coup se dégraderait sous l’effet d’évènements imprévus. Eh bien oui ils ont osé : la vaste opération de perquisitions de type militaire lancée par le parquet soumis à la hiérarchie du ministère de la justice et l’action de la meute médiatique qui l’a accompagnée et suivie ont été un véritable choc et un amplificateur de choc pour discréditer LFI et ainsi désespérer les citoyens pour lesquels plus aucune issue positive construite autour d’un programme social, écologique et démocratique ne serait alors disponible. Mais Macron qui pensait ainsi avoir gagné la partie et pouvoir continuer sa politique anti sociale sur un terrain dévasté, et le parti médiatique qui a cru avoir rabaissé la noble colère de Mélenchon au niveau de sa propre hystérie de caniveau n’ont pu que constater dix jours plus tard que JLM et LFI étaient toujours debout avec des meetings aux salles combles, enthousiastes et à l’état d’esprit toujours conquérant. Et quand toute la supposée belle mécanique se grippe et que les orientations et décisions prises ne tiennent pas compte de la situation sociale des français et notamment des plus modestes, les écueils se multiplient et prennent des tournures inattendues. Macron se retrouve donc face au mouvement des gilets jaunes qui risque d’engendrer pour lui les pires difficultés voire le coup de grâce. Après avoir traité avec arrogance et mépris les corps intermédiaires comme les syndicats voilà Macron qui fait moins le malin quand il se trouve directement confronté au peuple en colère, colère qui peut se transmettre tel un virus salvateur à toute cette France d’en bas, celle qui s’abstient aux élections, celle qui n’en peut plus, celle qui en a marre, une sorte de contre-choc. A nous de faire en sorte que l’issue soit une issue humaniste pour la sauvegarde de l’intérêt général humain, social, écologique et démocratique.

 

Macron qui est au plus bas dans les sondages, encore plus impopulaire que Hollande, ne maitrise plus rien : son parti se fissure de toute part et face au mouvement des gilets jaunes qui semble prendre de l’ampleur avec notamment l’appui de certains syndicats n’en déplaise à Philippe Martinez, le discours et les propos des instances gouvernementales dérivent vers la provocation et les menaces de répression. Le dérapage sérieux devient probable, le visage de Macron se crispe : il passe peu à peu du visage du gendre idéal à celui hideux d’Adolphe Thiers à la veille du massacre au Mur des Fédérés, et ce qu’il se passe à La Réunion où l’armée vient remplacer les forces de l’ordre confirme cette dérive autoritariste pour ne pas dire totalitariste.

Finalement le titre de cet article me parait cohérent. La boucle est donc bouclée.

 

Il faut donc se bouger de toute urgence et ne pas mépriser un mouvement parti de la base du peuple comme celui des gilets jaunes que le parti médiatique a immédiatement qualifié d’extrême droite alors que la grosse majorité des participants est composée de fâchés, mais pas fachos (même s’il y en a). Le pire c’est d’entendre des responsables politiques de « gauche » ou des leaders syndicaux reprendre lamentablement ces éléments de langage des médias asservis au système. En attendant ce mouvement réussit là où les syndicats ont échoué, ou pire, où ils n’ont pas voulu aller, à savoir un début de blocage assez efficace puisque certains stations de carburants ont été à sec et que des supermarchés ne sont livrés que sporadiquement et ça se voit. Encore une fois seule la jonction massive des citoyens peut faire changer le cours des choses et empêcher le pire de se produire, et cette jonction doit être la plus large possible, citoyens à titre individuel, citoyens gilets jaunes, citoyens syndiqués, citoyens militants politiques, citoyens associatifs. Tous ceux qui freineront ce type de grand rassemblement devront assumer la paternité du pire social et politique qui aura alors toutes les probabilités de se produire.

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