Mieux que des mots

Quand le sage montre et dénonce la catastrophe sociale et démocratique qui se déroule sous nos yeux dans le violent fracas du grand basculement contre-révolutionnaire et revanchard mené par « Emmanuel Macron de la Banque » (destruction totale de notre modèle social hérité du Conseil National de la Résistance, recul de nos valeurs républicaines héritées de la Révolution de 1789), de dangereux idiots regardent quelques misérables barcasses et sont obnubilés par le thème de l’immigration et des migrants non pas sur la base de l’empathie ou de la compassion et du respect des droits humains mais sur celle du rejet froid et meurtrier. Cette obsession de haine ordinaire et de bêtise écarte de leur champ de vision les vrais responsables des difficultés du pays et de l’Europe et donc les vrais enjeux, et les tétanise au point d’être des aides précieuses pour les oligarques qui nous dépouillent  de nos grandes conquêtes sociales tout en riant sous cape de voir des gens du peuple faire leur jeu.

Il faut dire que si ce dossier est perçu comme une priorité provoquant peur panique et intense agressivité  chez de trop nombreux français et européens c’est parce que la manière volontairement provocatrice, outrancière et pernicieuse dont il est traité, diffusé et mis en images par les médias le place artificiellement en position centrale renforçant ainsi voire légitimant la propagande sur le thème de l’invasion portée par l’extrême-droite et une partie de la droite. (Rappelons que le nombre de migrants ayant atteint notre continent ne représente même pas 1% de la population européenne totale). Parallèlement ces médias n’analysent ni n’expliquent jamais les liens causaux directs entre ces errances cruelles et les guerres, accords commerciaux iniques et dérèglement climatique dont les tenants et soutiens de l’ultralibéralisme sont responsables, et donc les actes à poser visant à tarir ces causes car cela bousculerait les intérêts de ces derniers. Pour la même raison ils n’expriment pas non plus une analyse critique et approfondie des mécanismes économiques et des choix politiques générant l’ère de régression austéritaire que l’on nous impose et qui frappent d’abord les populations les plus démunies de tout et pour tout dire les plus « en vrac », mais aussi une grande partie des classes moyennes : ils se cantonnent dans la reproduction des éléments de langage et des préceptes de l’idéologie dominante. Le télescopage entre les effets dévastateurs de l’austérité et une telle mise en pâture médiatique de ces exils forcés sans aucun médium analytique créée une sorte de cocktail hors sol mais néanmoins dangereux déviant la peur et la colère ainsi générées vers l’extrême-droite, voie sans issue pour ceux qui l’empruntent car ils se trompent de cible mais très bénéfique pour les ultralibéraux et leur mentor, la finance. Dans ce contexte il est stupéfiant et honteux de voir certains leaders de gauche agresser la France Insoumise sous prétexte qu’elle pointe les causes de cette souffrance torturante qu’est l’exil forcé et veut débattre des moyens pour tarir ces causes. Aveuglés par le discrédit qu’ils veulent porter à la France Insoumise, un jeu politicien aussi inepte que pernicieux sous-entendant des amalgames intolérables, ils contribuent à entretenir une ambiance détestable et à alimenter le Rassemblement National (ex-FN). Même si ce thème n’est pas central au regard du désastre social et démocratique qui s’annonce, oui il constitue un objet de débat sur ses causes profondes. En revanche il n’en constitue aucun, car c’est notre évidence, sur le devoir d’humanité pour un accueil digne et de sauvegarde de la vie d’êtres humains en perdition.

 

Il n’est d’ailleurs pas anodin de constater que c’est à la veille d’élections que ces enflammées médiatiques surgissent des braises savamment entretenues le reste du temps, notamment en France. Le précipité à obtenir et obtenu par les grands oligarques et leurs caniches politiques (Macron aujourd’hui, Sarkosy et Hollande hier) est simple : faire en sorte que le Rassemblement National soit d’une part le  grand réceptacle d’un rejet apparent du système sur des bases faisant appel aux instincts les plus bas et ce suffisamment pour jouer un affrontement en duo avec lui et d’autre part le grand repoussoir le moment venu (élections) puisque entre deux maux les français rejettent l’extrême droite plus qu’ils ne choisissent le moindre mal (1). Ainsi l’ultralibéralisme destructeur de nos fondamentaux sociaux et historiques peut poursuivre impunément sa politique.

Cette stratégie a très bien fonctionné dans de nombreux pays européens, (tellement bien que dans certains d’entre eux l’extrême-droite est arrivée au pouvoir), et ce d’autant plus facilement que la social-démocratie complice a tout mis en œuvre pour tenir captive entre ses griffes une grande partie de l’électorat de gauche au regard d'un présupposé vote utile et/ou provoquer par ses trahisons des abstentions massives empêchant ainsi une alternative de rupture avec l’ultralibéralisme, sa désormais idéologie commune avec les droites.

Il est donc effectivement à noter, et c’est très important, que ce glissement vers l’extrême-droite est plus important dans les pays où il n’y a pas d’alternatives crédibles à gauche débarrassées des affres de la social-démocratie. De ce point de vue la France qui filait aussi un mauvais coton s’est donnée une chance immense en 2017 : son peuple a su réagir à temps pour stopper cette évolution funeste et donner à voir avec La France Insoumise un chemin nouveau en rupture profonde à la fois avec la social-démocratie et avec la société financiarisée et destructrice de nos grands fondamentaux sociaux et républicains, défendant l’intérêt général humain. Ce superbe sursaut, même s’il n’a pu empêcher le scénario du second tour souhaité par les libéraux grandement aidés au premier tour notamment par le maintien de la candidature Hamon, accessoirement d’autres petits candidats et par un comportement pour le moins douteux d’un supposé soutien, a créé un choc salutaire pour l’avenir car c’est lui qui a freiné l’ascension du RN annoncée comme irrésistible par les médias aides-fossoyeurs.

 

Et Macron ne s’y est pas trompé quand, face à l’appel de Jean-Luc Mélenchon de faire des élections européennes un référendum anti-macron, il a lancé son idée de deux camps qui vont s’affronter : les extrêmes droites populistes d’un côté et les progressistes  (terme totalement usurpé) de l’autre dont il serait le leader, espérant ainsi, pour la France, reproduire le scénario de NON CHOIX de la présidentielle avec en filigrane la volonté d’amalgamer les extrêmes droites avec ceux qui critiquent et rejettent cette Europe capitaliste pour en fonder une autre en dehors des traités actuels qui bloquent toute libération sociale et démocratique du continent. Pour Macron, comme pour les "ouiouistes" de 2005, si on n’approuve pas l’Europe telle qu’elle est c’est qu’on est anti européen et populiste, et qu’il n’y a donc aucun choix sauf à faire le grand saut suicidaire dans un monde brun.

D’ailleurs le fait même de se lancer dans ce départage très particulier montre bien que le RN sert et aide les intérêts de l’oligarchie, départage dont je viens de montrer toute la perfide utilisation en vue de poursuivre la destruction de notre modèle social et d'instaurer définitivement la dictature financière qui glisse peu à peu vers la dictature tout court. Une dictature qui sera mise en œuvre soit directement par Macron et ses sbires, le cadre institutionnel de la 5è république le permettant, soit par le Rassemblement National que les stratégies d’apprentis sorciers des libéraux auront grandement aidé à accéder au pouvoir. Sachez que les gardiens du temple financier n’en ont cure car ils savent pertinemment que le RN, une fois au pouvoir, sera de leur côté, l’Histoire a plusieurs fois montré ce type de réajustement opéré par cette famille politique qui est en réalité profondément libérale au plan économique.

 

Et bien OUI, les élections européennes doivent être un référendum anti-macron sur les bases humanistes et antilibérales de LFI et dire cela ce n’est pas se tromper de scrutin ni en transformer le sens, oh que non ! Bien au contraire. Macron applique à la lettre tel un copiste enlumineur les directives et injonctions européennes de destruction de notre modèle social dont nous subissons et allons subir les effets dévastateurs à court et moyen terme. Et pour que cet appel ait un sens il est clair que « anti macron » ça veut dire aussi ne pas se réfugier chez ceux qui, maquillés en « gauche », défendent cette Europe-là et ses traités mortifères ni bien entendu voter pour la liste du RN. Ce vote dit « anti macron » doit être un vote massif pour la France Insoumise, et le message sera clair à la fois en direction de Macron pour lui signifier le rejet de sa politique de régression sociale et démocratique et en direction de l’UE pour lui signifier que la France de 2005 va bientôt diriger le pays et qu’il va falloir compter avec elle au risque de désobéissance aux traités existants, pour revenir enfin à l’essentiel : la défense de l’intérêt général humain dans le cadre d’une société sociale, humaniste et solidaire, développant le progrès social, faisant respirer la démocratie en laissant derrière nous une constitution qui a atteint sa zone de dangerosité génétique et s’engageant enfin vers une transition écologique absolument vitale.

 

L'affrontement sera celui de l'Europe de la finance, de la concurrence sauvage, de l'individualisme, du rejet de l'autre et finalement de la guerre et du chaos contre l'Europe de la solidarité, de l'humanisme, de la coopération et de la paix !

(1) "Politiquement la faiblesse de l'argument du moindre mal a toujours été que ceux qui choisissent le moindre mal oublient très vite qu'ils ont choisi le mal" Hannah Arendt

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