Le contexte

-Une affaire Benalla qui a (re)mis en lumière l’intrinsèque barbouzerie de la 5ème République, la dérive « bananière » de la France macronienne donnant à voir au monde une image pitoyable de notre pays à travers les actes du susdit mais aussi à travers les enquêtes parlementaires où les contradictions, lâchages et lâchetés en tout genre se sont succédés et dont l’une, celle de l’assemblée nationale, a montré toute sa pitrerie à travers sa présidente LREM. Affaire qui a montré comment et combien l’Alexandre a été protégé par le Manu, avec notamment une perquisition en douceur à la convenance du contrevenant ce qui a permis de faire disparaitre un coffre au contenu sans aucun doute compromettant pour le pouvoir.

-Une démission fracassante du ministre d’Etat, ministre de l’écologie, Nicolas Hulot, dont l’acte de rupture a été rapidement repeint en acte de faiblesse ou de fragilité psychologique par les gens du pouvoir avec l’aide complice des médias (encore eux), alors qu’il s’est agi d’un acte profondément politique affirmant que les traités européens et donc le libéralisme économique ne permettront jamais la nécessaire transition écologique, rejoignant ainsi l’analyse de la France Insoumise et absolument pas celle de EELV qui défend les traités actuels

-Une démission non moins fracassante du ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, second dans la lignée, celui qui siège à la droite du président au conseil des ministres. Un ministre totalement discrédité par l’affaire Benalla, qui est parti en faisant en quelque sorte un doigt d’honneur à Macron qui avait dans un premier temps refusé sa démission. Lâcheté du rat qui quitte le navire en perdition et qui ne maitrise plus ses troupes ? Ou bien connaissant l’opération de police politique qui allait s’abattre, comme une férule militaire, sur la France Insoumise, a-t-il préféré se soustraire, encore une fois lâchement, aux retombées de cette ignominieuse action ou, n’étant pas d’accord avec ces pratiques,  était-ce une façon de manifester ce désaccord ?

 -Des démissions d’autres ministres de moindre importance, en délicatesse avec les services fiscaux comme Laura Flessell, ou de ministres importants en début de quinquennat comme François Bayrou, ministre de la Justice, Marielle de Sarnez, ministre des affaires européennes, Sylvie Goulard, ministre des armées pour lesquels des dossiers aux éléments factuels existaient vraiment

-De nombreux députés LREM ayant maille à partie avec la justice dont certains ont eu des comportements violents, sans suite (une députée qui mord l’oreille d’un chauffeur de taxi, un député qui défonce le crâne d’un responsable socialiste à l’aide de son casque de moto, d’autres en délicatesse financière avérée..)

-Des députés LREM qui en ont eu marre de jouer les playmobils du roi et qui ont formé un groupe indépendant à l’assemblée nationale

-Une popularité complètement en berne pour Macron dont la politique ne donne pas les résultats escomptés par les français ballots de crédulité, un pouvoir d’achat en net recul, des riches toujours plus riches, un autoritarisme renforcé mâtiné d’un mépris intolérable envers les citoyens

-Un remaniement dont la longue attente a abouti à un accouchement de souris, a mis sous une lumière crue l’état de déliquescence de la Macronie renforcé  en creux par la noirceur de l’écran lors de l’intervention télévisée de Macron annonçant cette pantalonnade

Parallèlement le principal mouvement politique d’opposition (LFI), considéré comme tel par les français, poursuit un travail monumental (de dingue, pourrait-on dire) et d’une grande profondeur dont le leader est le plus populaire de tous les responsables politiques. Il devenait le danger brûlant pour le pouvoir politique en place et son mentor, la finance à un point tel (certainement que des sondages secrets l’annonçaient comme la grosse surprise des élections européennes) qu’il devenait urgent pour la Macronie de tenter de stopper celui qui apparait comme la seule alternative.

 

L’acte de rupture démocratique

Les sphères du pouvoir ont pensé avoir trouvé la solution : mettre en scène une quinzaine de perquisitions simultanées de type militaire dans tout le pays contre les élus et les locaux de LFI. Rien ne justifiait un tel déploiement de force et de telles méthodes réservées aux perquisitions des repaires de terroristes ou de parrains de la drogue. Devant une telle violence institutionnelle dont certaines modalités sont illégales, la colère devient légitime et en même temps elle n’est qu’accessoire au regard de ce que représente une telle action qui marque un acte de rupture démocratique. Les faits générateurs  ne sont aucunement des faits avérés ou des dossiers constitués mais des dénonciations : une délation d’une élue européenne du FN émise il y a 18 mois, qui pointait également d’autres élus pour lesquels rien ne se passe (!), concernant les assistants parlementaires et dont elle a dit dans la foulée que ce n’était qu’un « pied de nez » à la justice et un signalement concernant les comptes de campagne 2017 fait par le président de la commission de contrôle une fois les comptes validés donc sans aucun souci (contrairement à ceux de Macron pour lesquels de graves irrégularités ont été constatées) signalement engagé suite aux pitreries mensongères mais insistantes du contrôleur des comptes de Mélenchon pour lequel les médias étaient « open bar ». Ce premier délire médiatique a eu pour effet de pousser le président de la commission à émettre ce signalement, dixit lui-même. Dans la foulée il a obtenu une augmentation de son salaire de 56% !?!., elle n’est pas belle la vie ! Je rappelle que ce fameux contrôleur, qualifié pendant sa mission et après sa démission de farfelu par le président de la commission, était un très proche d’un ancien ministre socialiste, Mexandeau, qui était, c’est de notoriété publique dans le Landerneau politique, très haineux envers Mélenchon.

 

 

 

Tous les médias de la Macronie jappent alors en meute et en cadence 24/24 contre Mélenchon ciblant exclusivement sa réaction lors de la perquisition du siège de LFI. Sauf que, sans cette colère qui a été aussi la mienne, les chiens auraient quand même hurlé à la mort de la même façon car c’était le plan prévu. Il fallait faire du bruit avec rien pour éviter de parler d’une situation gravissime : d’une part de la remise en cause de l’Etat de droit que souligne cette opération indigne menée au plus haut niveau du pouvoir car déclenchée par le parquet qui est dépendant du ministère de la justice, d’autre part de parler de la situation dans laquelle se trouve le pays, dévasté par une politique inepte, et donc d’un gouvernement et d’un président qui sont au fond du trou. Et bien entendu jamais ces médias n’ont diffusé  les images montrant JLM et son équipe contester calmement l’action des policiers, même si une certaine tension tout à fait normale est perceptible.

 

Les pseudos sondages ont rapidement pris le relais pour faire croire aux citoyens que LFI serait en état de dislocation, tu parles ! Avec des instituts tous aux mains des très bons amis et soutiens du pouvoir macroniste dont au moins un avec des liens de parenté, il s’agit de parachever le formatage des esprits à travers le prisme déformant d’une humaine colère et de les manipuler pour les amener à abandonner le seul mouvement politique qui est capable de tirer le pays vers le haut  et le seul crédible pour cela. En réécoutant attentivement la chanson de Jacques Brel, « Jaurès », un véritable message à travers le temps, on comprend pourquoi ils ont voulu « tuer » Mélenchon.

 

Parallèlement des messages de solidarité de partis ou mouvements proches en France, en Europe et dans le monde sont parvenus à LFI et à son porte-parole, se disant éberlués et choqués qu’une telle opération de police politique puisse avoir lieu en France, pays des Droits de l’Homme ! Bien sûr les indécrottables haineux en ont rajouté sur les ondes chiennes de garde qui leur ont ouvert leurs micros avec délectation tels le PS, Génération.S et EELV, eux qui ne représente plus rien et qui espèrent, les naïfs, se refaire une santé pour ramener les gens dans le désespoir de la situation d’avant 2017. Un PCF dramatiquement silencieux dont seuls quelques élus ont réagi avec honneur comme Elsa Faucillon et Stéphane Peu députés de Paris. Il est clair que les citoyens prioritairement visés par cette campagne de propagande sont ceux appartenant aux CSP+ et moyennes ayant soutenu JLM en 2017, supposés être vivement heurtés par les manifestations de colère. Je m’adresse donc à eux, et au-delà à tous ceux qui pourraient émotionnellement  se faire avoir par cette campagne au goût de meurtre : vous êtes aussi supposés être intelligents et disposer d’une forte capacité de raisonnement pour comprendre ici la nature de l’action menée et le but politique poursuivi comme par hasard au moment où le pouvoir est au plus bas, le jour même où est annoncé le remaniement et au moment où la gauche  du PS fait scission pour rejoindre LFI (lire la mise au point de Mélenchon). Et quelle ne sera pas la stupéfaction des français quand les choses se calmeront, de voir des dossiers vides et une procédure aux multiples irrégularités. D’ailleurs déjà quelques dissonances apparaissent  chez certains éditorialistes comme Franz-Olivier Giesbert  qui n’est pas du tout proche de LFI et surtout des inquiétudes commencent à émerger chez les juristes quant à l’atteinte aux droits des personnes et des associations par le non-respect de modalités procédurales et la captation des fichiers d’adhérents d’un mouvement politique reconnu inviolable dans tout pays démocratique.

 

Nous avons donc eu droit à une pièce montée où perche tout en haut le chou (chou) de la crème financière qui a oublié qu’il est toujours le premier à être mangé à moins qu’il ne s’écroule comme un « flamby » sur sa base grignotée par les sans-culottes  avec une large victoire de la liste LFI « Et maintenant le peuple » aux élections européennes de mai 2019 dont j’ai posé les vrais enjeux dans mon article intitulé « L’affrontement des deux Europe ».

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